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Villemur, ville d'histoire

La municipalité tient à remercier chaleureusement l’association « les Amis du Villemur Historique » pour leur participation à la rédaction de cette rubrique.

Une charmante cité Languedocienne chargée d’histoire

DéfenseVillemur, cité bientôt millénaire blottie dans l’enceinte de ses remparts, terre de liberté comme en fait foi la charte de 1177, terre aussi chargée d’histoire. Elle a connu au cours des siècles les luttes que livrèrent les Français du Nord aux Albigeois et plus tard les Anglais à notre pays.

Citée écartelée au XVIe siècle entre papistes et huguenots. Les Villemuriens témoins et acteurs du terrible siège que subit la ville assistent le 19 septembre 1592 à la défaite de Scipion de Joyeuse au pied de leurs remparts. Ce chef de la Ligue, catholique fanatique, périra noyé au cours de la déroute des siens quand le pont de bateaux cèdera sous le poids des fuyards.

La baronnie, érigée en vicomté et fief de la Maison d’Albret aura l’insigne honneur de recevoir dans ses murs Henri de Navarre, le futur roi Henri IV en 1585. Ce dernier, toujours à cours d’argent, vendra la vicomté au duc de Lesdiguières un de ses fidèles et valeureux compagnon d’armes. Ce grand seigneur, futur connétable de France édifiera dans notre ville une somptueuse demeure dont il reste un témoignage admirable les Greniers du Roy. Lesdiguières en 1621 vend la vicomté au roi Louis XIII. Ce souverain, pour répondre aux doléances des habitants, las de payer les frais d’entretien et d’assumer les corvées, ordonna la démolition du château fort et des remparts (1635). Fort heureusement la Tour de Défense, admirable construction militaire du XIIe siècle fut épargnée.

Eglise Saint MichelJusqu’au siècle dernier, le destin de Villemur est lié à celui de la rivière. Dans son port, le plus important sur le Tarn, on construit les gabarres qui sillonnent nos cours d’eau d’Albi à Bordeaux, faisant l’objet d’un trafic intense. La ruine de la batellerie n’a pas paralysé notre cité qui a orienté son activité, d’abord dans la fabrication des pâtes alimentaires, puis, plus récemment dans les branches très diversifiées qui vont de l’équipement électrique jusqu’à l’électronique.

Villemur, cité ancienne et moderne à la fois, cité accueillante et débordante de vie, réserve à ses visiteurs un accueil chaleureux et leur permet de découvrir le charme discret et prenant de ses rues, de ses monuments et de ses paysages.

L’histoire de Villemur au cours de XX ème siècle finissant

Le passé lointain de la cité

PigeonnierLe premier document écrit faisant mention de notre ville date de 1035 et nous apprend que le cheval Hoton, vassal du vicomte d’Albi étant à la tête du castrum (lieu fortifié) de Villamuros. La fondation de cette place forte étant certainement antérieure à cette date, notre cité est donc millénaire. Son histoire, à l’image des destinées humaines est faite d’heurs et de malheurs.

La charte de 1178 supprime le servage, garantit la sécurité des habitants contre toute atteinte à leurs personnes ou à leurs biens et permet à la communauté de s’administrer librement.

A l’aube du XIIIe siècle, l’hérésie cathare avait fait de nombreux adeptes à Villemur. Au cours de la croisade des Albigeois marquée par des destructions et des atrocités sans nom commises par les seigneurs du Nord commandés par Simon de Montfort, le bruit court que ce dernier, qui ravage le Quercy voisin, s’approche de Villemur. Les habitants pris de panique à l’annonce de cette nouvelle, d’ailleurs fausse, abandonnent la ville après l’avoir incendiée.

Du XIVe au XVIe siècle, Villemur connait les exactions et les épreuves des temps troublés. D’abord la guerre de Cent ans avec la guerre des routiers pillards et sanguinaires, puis les guerres de religion. La vicomté, fidèle à son seigneur Henry de Navarre, connaîtra, au cours de des guerres civiles, des convulsions terribles et un sièges dévastateur.

Du XVIIe à la fin du XIXe siècle notre ville connaîtra une relative paix civile et une certaine prospérité, cela malgré les secousses de la Révolution et les guerres de l’Empire.

L’économie de Villemur est alors basée sur deux activités complémentaires, Sully aurait dit : deux mamelles nourricières : la terre (l’agriculture) et l’eau (la batellerie). Sur la rive droite, la terre du coteau est cultivée comme un jardin avec un morcellement extrême du sol par le jeu des héritages et des successions. La rivière, très poissonneuse participe largement à l’alimentation de ses riverains et surtout favorise le commerce et l’artisanat. Villemur est sur le cours du Tarn le centre le plus important de constructions navales et celui qui voit aborder de nombreuses gabarres qui chargent les céréales et le vin et amènent les produits de la mer : le sel et les poissons.

La crise économique de 1880

En cette fin de siècle Villemur connaît de graves difficultés économiques.

Pour la batellerie concurrencée par le chemin de fer, c’est un rapide déclin puis l’effondrement. La ville, qui comptait 400 marins au début du siècle n’en compte plus que 5 en 1896.

La chapellerie qui était implantée à Villemur vers 1820, avait connu une belle activité. Le feutre qu’elle utilisait provenait des poils des peaux de lapins récupérées par les pelharots (chiffoniers). La concurrence de la laine australienne provoqua la faillite totale de cette activité. La cité connaît la paralysie et la misère, comme en témoigne une chanson de l’époque « Ao Bilomu battour la décho » (à Villemur c’est la misère) c’est le creux de la vague pour l’économie villemurienne.

Le renouveau. Après 1880 Villemur bascule dans l’ère industrielle.

La renaissance économique est due, en premier lieu à une initiative déjà ancienne mais déterminante : la construction d’un pont sur le Tarn en 1834. Cet ouvrage, bien que léger et étroit va faciliter les échanges avec Toulouse par la création d’une nouvelle avenue le long de laquelle apparaîtra l’amorce d’un nouveau quartier sur la rive gauche, jusque là à peu près déserte.

L’élan décisif donné au changement viendra d’un entrepreneur local : Monsieur BRUSSON. Ce chef d’entreprise, audacieux et génial va utiliser l’énergie hydraulique dans un vaste ensemble construit sur cette rive pour exploiter un nouveau créneau industriel : la fabrication des pâtes alimentaires ces nouvelles denrées mises à la mode, à la suite de la campagne d’Italie de 1859. La rive gauche se dote encore d’une importante scierie moderne créée par Monsieur Emile SABATIER, un ancien maître de bateaux.

L’autre facteur déterminant de développement sera la création de la voie ferrée ouverte en 1885. Toutes les activités : agricoles, industrielles, artisanales et commerciales reçoivent un élan nouveau. En particulier l’approvisionnement des usines en matières premières, l’écoulement et la distribution de leur production seront assurés.

Villemur s’engage désormais dans l’ère industrielle et la civilisation moderne. La ville à la pointe du progrès dotée dès 1889 d’un réseau de distribution d’eau potable connaît l’éclairage électrique public alors que les rues de Toulouse n’ont encore que des becs de gaz.

Villemur entre dans le XXème siècle

Tour de DéfenseCette marche vers la modernisation et le progrès va se poursuivre et même s’accélérer au cours du XXe siècle et cela malgré l’adversité particulièrement cruelle : deux guerres mondiales à 20 ans d’intervalle et une catastrophe naturelle sans précédent : l’inondation du 3 mars 1930. Cette évolution va changer profondément la structure et le visage de la ville. La vieille cité de la rive droite, malgré d’heureux aménagements gardera son visage moyenâgeux. Elle perdra l’essentiel de ses activités commerciales et artisanales mais restera le cœur administratif et religieux de la cité. La rive gauche va connaître un essor rapide marqué par un prodigieux développement de l’immobilier, l’extension des industries et l’implantation de grandes surfaces commerciales.

Nous allons suivre les étapes de cette spectaculaire évolution au cours des évènements présentés dans un ordre chronologique.

1907 : Monsieur Elie BRUSSON, maire de la commune, crée la place de l’Hôtel de ville après avoir rasé le quartier du Moulon, un pâté de vieilles masures avec ses ruelles sordides et d’étranges servitudes de passages.

1911 : Charles OURGAUT, ingénieur montalbanais devient maire de Villemur, fonction qu’il occupera jusqu’à sa mort pendant un quart de siècle. Il marquera profondément la ville de sa forte personnalité. Dès son entrée en fonction il entreprend la réalisation de grands travaux : construction d’un abattoir, comblement partiel du ravin de Bifranc, édification du groupe scolaire sur les allées Notre-Dame.

Septembre 1912 : pour la première fois un « aéroplane » survole notre ville et cela le jour de la Saint Michel. La veille DEMAZEL avait posé son appareil sur ce qui était alors le pré de Calar. Cet aviateur audacieux futur chevalier du ciel s’illustrera pendant la Grande Guerre.

6 octobre 1912 : inauguration du chemin de fer d’intérêt local qui relie Villemur à Toulouse en passant par Fronton, et bien d’autres localités. Son itinéraire loin d’être direct dessert 17 stations ou arrêts. On l’appelle pour cela le tortillard. Pour les Villemuriens c’est le petit train. Il rendra pendant 25 ans de grands services avant d’être supplanté par les autobus. Il permet de gagner Toulouse et aussi Fronton les jours de marché. Sur les terrains libérées après sa disparition seront, plus tard édifiés les immeubles HLM.

Juillet 1914 : c’est le coup de tonnerre de Sarajevo. La France se prépare à un conflit qu’on sent inévitable. Le 14e R.I., en manœuvres au camp de Caylus rejoint d’urgence son casernement de Toulouse. En une seule étape il gagne Villemur, belle performance digne des soldats de l’Empire. Il reçoit dans notre ville un accueil chaleureux. On dansera le soir sur la place publique. Deuxième performance pour nos fantassins fatigués et leurs pieds douloureux. Le cantonnement fut organisé dans les établissements BRUSSON et cela sans qu’il fût besoins d’un ordre de réquisition.

2 août 1914 : c’est la mobilisation et la guerre. Les wagons aussi sont mobilisés pour acheminer vers le front hommes, vivres et munitions. BRUSSON, pour approvisionner son usine en charbon et en cartonnages fit remettre en état le Triomphant, une péniche achetée d’occasion. Pour son premier voyage, il la confia à un certain MALPEL connu par son surnom : Lou Catet de la ménino. La péniche, obéissant mal à ce pilote inexpérimenté manqua l’entrée de l’écluse des Derrocades et s’écrasa ou plutôt s’échoua sur la chaussée. Il n’y eut pas de victimes dans ce naufrage qui marqua la fin du Triomphant.

1914-1918 : la Grande Guerre

Au cours de ce long et terrible conflit, Villemur paya un lord tribut : 114 morts dont le nom est gravé dans le granit du monument, des mutilés en grand nombre et beaucoup de petits orphelins.

En septembre 1914 : le fils unique du Maire OURGAUT trouva la mort dans les combats de la Marne. Au cours de la même bataille, Monsieur MARCHET, un notable villemurien perdit aussi son unique fils. Ce malheur commun unit les deux pères pourtant séparés par des opinions politiques opposées. Monsieur MARCHET, désormais sans héritier direct devint bienfaiteur de notre ville. Il légua à la commune son grand pré à l’entrée du pont qui est devenu le jardin public doté d’un kiosque à musique. Une des clauses de ce legs nous fait sourire aujourd’hui. La comme s’engageait à ne mettre en terre que des arbres qui, au cours de leur développement ne pourraient masquer la vue du coteau depuis la maison du légataire. Que dirait feu Monsieur MARCHET devant ces superbes résineux qui meublent le square. Il serait ravi, c’est certain. La maison de Monsieur MARCHET, au croisement de l’avenue Leclerc et de la rue qui porte le nom du légataire a été donnée aux hospices de Villemur. A ces mêmes hospices a été légué le domaine de Griffoul en bordures du Tarn Monsieur MARCHET et son épouse sont de grands bienfaiteurs de notre ville.

11 novembre 1918 : ce jour qui marque la fin du cauchemar est un jour inoubliable pour tous ceux qui l’ont vécu. Le pays va pouvoir panser ses plaies. Il garde le souvenir des victimes de ce drame.

11 novembre 1919 : c’est le premier anniversaire de l’armistice.

Dans un élan indescriptible, toute la population valide est dans la rue. Tous les enfants des écoles sont présents au bout de la rue Saint Jean, le Maire et deux petits orphelins mettent en terre l’arbre du souvenir, un tilleul aujourd’hui d’une taille impressionnante et qui nous rappelle la détresse des pupilles de la Nation.

1922 : la péniche à vapeur Le Charlot est amarrée au port de Villemur, près de la Tour du Moulin. Le Charlot franchira l’écluse pour la dernière fois. 1922 marque la fin de la navigation sur le Tarn. Une épopée vieille de plusieurs siècles s’achève, celle de la batellerie qui fit le renom et la prospérité de notre ville.

1923 : inauguration du monument aux morts. 

C’est en présence de représentants de la Nation et du département et au milieu d’une foule immense que fut inauguré ce monument, véritable œuvre d’art différent des monuments d’une affligeante banalité érigés dans bien des communes de France. Cette œuvre tout à fait originale est due au sculpteur Sentis, natif de Varennes qui a laissé des monuments remarquable, particulièrement en Amérique latine. Un authentique poilu Marius ESQUIE dit « Le Savant » lui a servi de modèle.

1924 : inauguration du théâtre municipal aménagé dans des locaux achetés à un marchand de vins en gros du faubourg Saint Jean et construits sur l’emplacement du couvent des Capucins. Ce théâtre, doté d’un balcon et d’un mobilier entièrement en bois sera une proie facile pour le feu.

1929 : ce théâtre brûlera lors de la projection du film : « La Châtelaine du Liban » tiré du roman de Pierre Benoît. La pellicule s’enflamma puis la cabine, puis le balcon. Bientôt le bâtiment tout entier ne fut qu’un immense brasier. Dans la nuit, les secours s’organisèrent avec, hélas, des moyens dérisoires. Les pompiers, peu nombreux et d’âge déjà avancé, n’avaient comme matériel que la vieille pompe à bras, aujourd’hui exposée au centre de secours. La population fit la queue avec des seaux de toile emplis à l’abreuvoir de la place Saint Jean. Les pompiers de Toulouse, alertés, intervinrent trop tard pour sauver le bâtiment.

1930 : le 3 mars de cette année Villemur va vivre la plus grande tragédie de son histoire. Elle a pour cause la crue du Tarn et surtout de son affluent l’Agoût. Cette crue résulte de la conjonction de conditions météorologiques exceptionnelles. Le bassin du Tarn connut en février des pluies fines tombant sur un sol déjà saturé tandis que la Montagne Noire se couvrait d’un manteau de neige dépassant l’épaisseur d’un mètre par endroits. Là-dessus se lève le vent d’autan dont le souffle chaud va causer la fonte brutale de cette neige. La montée des eaux, surtout dans le cours inférieur du Tarn est rapide et brutale. Le niveau de la rivière monte en quelques heures et dans la nuit pour atteindre à Villemur 18 mètres au dessus de l’étiage, une côte jamais atteinte par le Tarn pourtant coutumier de violents débordements. Pour la population, la nuit du 3 au 4 mars fut une nuit d’épouvante. L’aube se leva sur un spectacle d’apocalypse. La catastrophe fit hélas 6 victimes mais ce chiffre eût été beaucoup plus élevé sans l’admirable dévouement de sauveteurs intrépides comme Ménestral, Gay, Rey, Couchet et quelques autres. Le bilan matériel était lourd. Vers midi, le 4 mars, après l’effondrement de la pile, le pont est emporté sur les coups de boutoir des épaves accumulées contre son tablier. Le flot boueux et fétide a détruit ou gravement endommagé 52 maisons. Par bonheur, la Tour de Défense, impavide, résiste à la poussée des eaux et au choc des épaves, et brise le courant, sauvant ainsi de la ruine, de nombreux immeubles. Une grande partie de la population qui n’a plus de foyer se réfugie dans le coteau. On assiste à un grand élan de solidarité. Les Villemuriens qui avient échappé au sinistre accueillent fraternellement de nombreux sans abri. Les communes voisines, en particulier Varennes et Le Born hébergent des déshérités. Au Born, Monsieur ALLEGRE, le boulanger travaille nuit et jour dans son fournil. Devant un drame d’une telle ampleur, la solidarité sur le plan régional et national se manifeste pleinement, au-delà même de toutes les espérances. Les sinistrés sont hébergés et ravitaillés. Les associations caritatives sont mobilisées. Par elles les dons en vivres et vêtements affluent dans notre ville.

L’armée délègue un contingent du 2e génie de Metz qui s’emploie activement à déblayer les décombres : un énorme travail pour dégager les artères de la ville.

Après cela, il fallait survivre et reconstruire. De nombreux sinistrés furent provisoirement relogés dans des baraquements. Certains de ces abris de fortune sont encore visibles aujourd’hui. Le Maire Charles OURGAUT, grand administrateur donna l’impulsion nécessaire à la renaissance de la ville. Il fallait, en priorité construire un pont pour rétablir la circulation. Le pont suspendu actuel, destiné à l’origine à la Tchécoslovaquie fut réquisitionné et mis en place dans les meilleurs délais.

La ville de Lyon, dont le Maire Edouard HERRIOT, un grand leader politique de la 3e république et ami de Monsieur OURGAUT parraina notre ville. HERRIOT vint à Villemur pour étudier la situation. Il présenta un plan d’urbanisme révolutionnaire outre l’élargissement des rues, il envisageait la création d’un large quai par suppression des immeubles qui surplombent le Tarn. Il avait la vision prophétique du transfert progressif de la ville sur la rive gauche et prévoyait la construction de l’hôtel de ville sur cette rive, dans l’axe du pont. Ce projet jugé trop « radical » (sans jeu de mots) ne fut pas réalisé mais la vieille cité fut aérée et assainie, la grande rue redressée et élargie. Des curetages dans certains quartiers, le percement de nouvelles voies : la rue Jean-Marie Elie BRUSSON dans l’axe du pont, l’avenue du Quercy prolongeant la rue Henri de Navarre permettront d’améliorer pour un temps, la circulation. La deuxième phase du comblement du ruisseau de Bifranc donnera, avec le boulevard de ce nom une aire précieuse à notre ville. Villemur va panser ses plaies dans les premières années d’une décennie particulièrement cruelle avec, à son début l’inondation et à sa fin la 2e guerre mondiale.

La reconstruction fut rapidement menée malgré la manque de main d’œuvre dû à la saignée de la guerre de 1914 cela grâce à l’immigration d’ouvriers italiens. Ils venaient du Piémont ou de Vénétie fuyant la misère et le fascisme triomphant. Ils arrivaient avec de maigres hardes dans une valise de carton. Travailleurs sobres et acharnés ils contribuèrent puissamment à relever Villemur de ses ruines. La plupart firent souche dans ce pays qui devint leur nouvelle patrie. Pas un d’entre eux ne la trahit lorsque, en 1940 Mussolini nous poignarda lâchement dans le dos. Leurs descendants réussiront dans les professions et les carrières les plus diverses. Leurs noms figurent nombreux dans l’annuaire du téléphone. Nous avons là un exemple d’assimilation parfaitement réussie.

1934 : la reconstruction s’achève.

Sur la place qui, plus tard, portera son nom, Charles OURGAUT inaugure le nouvel hôtel de ville. Cet édifice monumental fera l’objet de sévères critiques. Pourquoi intégrer largement la pierre dans la façade à côté de la Tour et des Greniers ces joyaux architecturaux construits en brique, ce matériau de Toulouse la rose, d’Albi la rouge, du musé Ingres à Montauban ? Et que vient faire ce beffroi flamand au cœur de l’Occitanie ? Mais soyons objectifs, notre hôtel de ville ne manque pas d’allure. Si le paysage n’était pas fait pour lui, c’est lui qui maintenant fait le paysage.

C’est aussi à cette époque que le maire décida de donner un nom aux artères et aux places de la ville. Il chargera de cette opération un de ses collaborateurs qui la réalisa avec plus ou moins de bonheur. Le reproche majeur qui lui est fait c’est de ne pouvoir lire le nom de Lyon et de son maire sur une plaque de notre ville.

1935 : Monsieur OURGAUT meurt après avoir pendant un quart de siècle administré la ville et laissé une marque profonde et impérissable dans la cité.

FOCUS

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