À la rencontre de l’histoire de Villemur !
Découvrez le parcours photo proposé par la Mairie de Villemur au gré de votre balade dans les rues. Flashez les QR Code des plaques ou écoutez directement les audios en cliquant sur les liens ci-dessous.
Nous vous souhaitons une bonne promenade et une bonne écoute.
À la découverte du patrimoine Villemurien
La place Charles Ourgaut
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Bienvenue sur la place Charles Ourgaut, au cœur du centre historique de Villemur-sur-Tarn. C’est ici que bat le cœur de la ville, lieu de tous les plus grands événements. Jusqu’à son baptême en « place Charles Ourgaut » en 1936, cette place est tout simplement appelée place de la Mairie ou Place de l’Hôtel de Ville.
Jusqu’au milieu du XIXème siècle, elle est occupée par un ensemble de vieilles maisons que l’on appelle le moulon. Cette appellation vient du mot occitan molon qui signifie tas et qui désignait le fait que les maisons étaient serrées les unes contre les autres. Le Moulon fut démoli entre 1848 et 1861.
Au fond à droite de la place donnant sur la rue Saint-Louis se trouvait la prison.
Deux hôtels se faisaient concurrence sur l’esplanade : l’hôtel Duvernet et l’hôtel Lormières au fond de la place. C’est là après 1850 que se trouvait le point de départ des anciennes diligences et que fut créé en 1909 le premier service d’autobus vers Toulouse.
Sur la photo de la plaque, vous pourrez apercevoir l’ancien hôtel de ville : il s’agit de ce bâtiment plus clair situé entre le café Léonard et la halle à droite. Il sera reconstruit en 1935 après l’inondation de 1930. À l’époque, le café Léonard accueille une clientèle bourgeoise en grande majorité et abrite au premier étage une salle dans laquelle se tenaient des séances de cinéma et le bal du dimanche. À l’emplacement de la Halle, se trouve aujourd’hui le café la Renaissance. L’entrée actuelle de la rue Saint-Jean était à l’époque très étroite. Elle sera agrandie lors de la terrible crue du Tarn en 1930. L’épicerie Souriac, visible sur la photo, disparaîtra dans ce processus et une nouvelle halle sera construite, aujourd’hui la médiathèque.
La Place doit son nom à Charles Ourgaut, Maire de la Ville de 1912 à 1936. Particulièrement apprécié des Villemuriens de l’époque, cet ingénieur des Ponts et Chaussées fera beaucoup pour sa commune dans une époque tourmentée entre la Grande Guerre et l’inondation de 1930. Lors de cet épisode, Villemur sera parrainée et soutenue financièrement par la ville de Lyon et son maire, Edouard Herriot, alors grand ami de Charles Ourgaut. La place sera nommée au nom de Charles Ourgaut sur décision du Conseil municipal le 23 février 1936.
La Tour de Défense
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Cette immense Tour qui semble garder la ville et qui s’élève devant vous est la Tour de Défense. Comme son nom l’indique, elle a été bâtie à l’origine, au XIIème siècle, pour défendre Villemur et son gué, qui permettait de traverser la rivière. Elle est également le seul vestige des remparts qui faisaient le tour du castrum. Avec ses deux étages, ses près de 17 mètres de haut, elle surplombe le Tarn de plus de 30 mètres.
C’est au XIVème siècle que le seigneur Pierre de la Voie décide de lui attribuer une nouvelle fonction et installe un moulin. Aux alentours de 1340, cinq meules sont installées au pied de la Tour et c’est le début de la vocation économique de ce bâtiment.
C’est la force de l’eau qui permet aux différents moulins de Villemur de tourner : moulin à blé, permettant de moudre le grain mais aussi moulin à foulon qui permettait de fouler la laine, c’est-à-dire de battre les draps avec des sortes de marteaux pour rendre le tissu plus solide et plus souple. À la veille de la Révolution on compte jusqu’à 9 meules dans la fameuse « salle des meules » située en-dessous de la Tour de Défense.
À partir de 1830, le Moulin comme on l’appelle alors, sera tour à tour utilisé comme minoterie où on prépare les farines de céréales ou comme soufflerie de poils de lapins pour la fabrication de chapeaux en feutre. La chapellerie et la fourniture de matière première pour cette dernière sera d’ailleurs l’une des industries florissantes de Villemur au XIXème siècle. En 1872, Jean-Marie Elie Brusson achète la Tour pour y installer sa première entreprise de pâtes alimentaires : c’est la première pierre de l’épopée Brusson à Villemur. Après le transfert de son activité sur la rive gauche en 1875, la tour abrite meuniers et boulangers. Le dernier boulanger sera Louis Bégué en 1930 chassé de la Tour par l’inondation et le dernier meunier Jules Toulze trouvera la mort dans la galerie de transmission du Moulin en 1938, située sous la salle des meules.
Aujourd’hui, la Tour de Défense est classée Monument historique. N’hésitez pas à entrer à l’intérieur lors des événements organisés par la Mairie pour admirer sa charpente si particulière en forme de coque de bateau renversée.
Les usines Brusson
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C’est un des joyaux patrimoniaux de Villemur-sur-Tarn. Devant vous et, sur la photo de la plaque, ce grand bâtiment que vous pouvez apercevoir sur ces arches c’est l’ancienne usine de pâtes alimentaires, appelée ici « la friche Brusson ». L’aventure entrepreneuriale de la famille Brusson commence en 1872, alors que Jean-Marie Elie Brusson décide de se lancer dans la fabrication des pâtes alimentaires. Il s’installe d’abord dans la Tour de Défense puis, encouragé par son succès, il transfère son entreprise sur la rive gauche où il démarre également la production de pains au gluten, considérés à l’époque comme des produits de régime.
Petit à petit, l’entreprise prend forme et se modernise. C’est une des premières entreprises de la région à utiliser l’électricité grâce à la centrale électrique qui transforme l’énergie hydraulique du barrage. Une cartonnerie, une imprimerie, une salle de réception, la fameuse salle dite « Eiffel », la salle de paquetage, vont voir le jour au fur et à mesure de l’expansion de l’entreprise familiale ainsi qu’une petite cité ouvrière, aujourd’hui appelée les Hortensias, permettant de loger les contremaîtres qui n’étaient pas originaires de Villemur.
En 1908 débute la construction de la minoterie Brusson. C’est ce grand bâtiment de l’autre côté de la route, sur lequel vous voyez des escaliers extérieurs. À l’époque, c’est un véritable chef d’œuvre et on parlera de cette réalisation comme de la cathédrale industrielle des Brusson.
Rien ne semble pouvoir arrêter la croissance florissante des usines Brusson, pas même la Grande Guerre ou la terrible inondation de 1930 et à la veille de la Seconde guerre mondiale, elles emploient 450 personnes. À partir des années 1950, l’automatisation de la production s’intensifie et l’entreprise est prospère mais la situation va petit à petit se dégrader, notamment suite à l’arrêt des fournisseurs semouliers d’Afrique du Nord lors de la Guerre d’Algérie. En 1971, la fabrication et la commercialisation des pâtes sont arrêtées, cédées à la société Panzani. Restent sur place les pâtes au gluten et les célèbres cheveux d’ange ainsi que les biscottes.
Enfin, la défection de plusieurs gros clients pèse sur l’économie de l’entreprise qui doit à nouveau se restructurer avant un dépôt de bilan en 2006. La fabrication du cheveu d’ange perdurera jusqu’en 2015 mais, après 143 ans d’activité, cette dernière production sera finalement délocalisée elle aussi.
Suite à un incendie d’origine criminelle survenu en janvier 2023, il n’est aujourd’hui plus possible de visiter la friche industrielle. La Mairie de Villemur-sur-Tarn travaille actuellement sur un projet pour transformer et faire revivre le site.
Les rives du Tarn
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Jusqu’au début du XXème siècle, le commerce maritime est florissant à Villemur qui est le port le plus important entre Montauban et Gaillac, où l’on construit notamment les gabarres. Produits en grand nombre, ces bateaux à fond plat, relevés à l’avant et à l’arrière, peuvent facilement franchir les barrages sur les passelis, ces plans inclinés en bois permettant le passage du bief supérieur au bief inférieur de la rivière. Elles descendent le courant dans un sens et le remontent grâce au halage, d’abord par des hommes, puis par des chevaux, ce qui permet de transporter des marchandises sur la rivière et assure pendant des siècles le ravitaillement de Villemur et les échanges commerciaux.
L’écluse que vous pouvez apercevoir au pied de la Tour de Défense est mise en service le 22 octobre 1839. Avec ses 40 mètres de longueur, ses 5 mètres de largeur et son tirant d’eau d’1m80, elle permet à des gabarres plus profondes que celles à fond plat, ainsi qu’à des péniches d’emprunter la rivière. Jusqu’en 1885, la circulation sur le Tarn est particulièrement intense et on dénombre jusqu’à 1500 bateaux et 300 batelets qui franchissent l’écluse dans un sens ou dans l’autre chaque année. L’ouverture de la voie ferrée Montauban-Castres en 1885 va rendre obsolète le Tarn en tant que voie navigable commerciale. Il sera déclassé en tant que rivière navigable en 1926. Sur la photo de la plaque, vous pouvez apercevoir le Charlot, dernier bateau à vapeur à franchir l’écluse en 1922 et sur la plaque, cette maison très haute que vous pouvez voir, c’est la maison éclusière, où habite l’éclusier. À l’époque, elle l’abritait ainsi que sa famille pour permettre d’assurer rapidement le passage des bateaux par l’écluse.
Du bord de l’eau, la hauteur des constructions et des remparts peut sembler impressionnante et pourtant, il faut s’imaginer que la crue de 1930 est montée de 18 mètres et que l’endroit où vous vous trouvez actuellement était complètement submergé par les eaux.
Cette crue restera la crue de référence dans les esprits villemuriens : le pont est emporté, des dizaines de maisons s’écroulent et la montée des eaux fait six victimes quartier Saint-Jean. La solidarité nationale et internationale joueront un grand rôle dans la reconstruction de la ville, notamment par l’intermédiaire du réseau politique de Charles Ourgaut et de son amitié avec le Maire de Lyon, Edouard Herriot. Aujourd’hui, les crues du Tarn sont moins spectaculaires car elles sont mieux maîtrisées en amont mais il arrive régulièrement que la Tour de Défense à quelques mètres de vous se retrouve les pieds dans l’eau.
Rue du Fossé Notre-Dame
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Dans la rue du Fossé Notre Dame, du nom du quartier éponyme, vous êtes vraiment au pied de la partie des remparts de Villemur qui s’étendait à l’époque depuis la Tour de Défense jusqu’à la place du 4 septembre. Au-dessus de vous, vous pouvez d’ailleurs voir l’endroit où se trouvait à l’époque la porte Notre Dame ainsi que son pont-levis, la rue où vous vous trouvez étant à cette époque remplie d’eau.
La première mention du castellum de Villemur, qu’on pourrait traduire par place forte, date des environs de 1035. On parle ensuite de castrum tout au long des XIIe et XIIIe siècle du fait du positionnement de Villemur, au croisement des possessions des comtes de Toulouse et de Foix et des Trencavel vassaux des contes de Toulouse.
À la fin des années 1160 des communautés religieuses qui contestent l’autorité de l’Église apparaissent : les cathares. Villemur fera partie des domaines privilégiés de leur implantation. En 1209, à l’annonce de l’arrivée des Croisés chargés d’éradiquer les cathares jugés hérétiques par l’Église catholique, les villemuriens prennent peur et incendient la ville. Mais c’est en 1322, après plus de cent ans de guerre contre le comté de Toulouse et les partisans cathares, que l’inquisition aura raison de la dissidence avec 67 sentences prononcées pour la seule ville de Villemur-sur-Tarn.
La ville sera de nouveau agitée par des querelles religieuses tout au long du XVIe siècle. À cette époque, Villemur est une cité protestante sous l’influence notamment de la vicomtesse Jeanne d’Albret, mère d’Henri de Navarre, futur roi Henri IV. Après le décès de Jeanne d’Albret en 1572, Henri de Navarre devient vicomte de Villemur et fera d’ailleurs plusieurs séjours dans la ville en 1585. Une gravure le représente entrant dans la ville : elle est visible dans la salle des mariages de la Mairie.
En 1592, la ville sera le théâtre d’une bataille entre les ligueurs catholiques et les protestants villemuriens commandés par le marquis de Thémines, alliés à l’armée royale. Dans cet affrontement, le chef de la Ligue catholique, Antoine Scipion de Joyeuse, trouvera la mort, noyé dans le Tarn.
Le Pont suspendu
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C’est un projet titanesque que de relier les deux rives du Tarn et ce n’est qu’au XIXème siècle que le premier projet verra le jour : les esquisses d’un projet sont en effet portées en 1828 et, deux ans plus tard, une ordonnance royale donne le feu vert à la construction d’un pont suspendu sur le Tarn.
Ce pont, à péage, sera ouvert à la circulation en 1834 mais le tribut à payer à chaque passage pèse lourd dans le budget des travailleurs. La taxe s’élevait alors à 5 centimes et servait à payer les actionnaires de la société privée qui l’avait financé. À l’époque, le tablier du pont est formé de traverses de bois disjointes et il ondule sous l’effet du vent d’autan ou au passage de véhicules lourds.
En 1870, à la proclamation de la IIIe République, un groupe de jeunes insurgés de Villemur et Bondigoux proteste contre les droits de péage et coupe les câbles. Anecdote ou réalité : l’histoire veut que les haches ayant servi à couper les câbles aient été dissimulées sous les jupons de dames alliées au mouvement. Les Villemuriens devront attendre 1875 pour emprunter le pont gratuitement. Le deuxième pont est reconstruit en 1872, remplacé en 1924 par un pont suspendu métallique plus moderne, avec toujours une pile centrale. C’est ce pont à la courte existence qui sera emporté par la crue de 1930. Durant deux ans, ce sont des allers-retours de bacs qui permettent de passer d’une rive à l’autre. Si vous regardez bien lorsque le niveau du Tarn est bas il est encore possible de voir la pile centrale renversée du pont.
L’actuel pont suspendu fut finalement construit en 1932 : les câbles fixés au sol sont coulés dans une chape de béton. Il fut complété par le deuxième pont de Villemur dont la première idée avait été émise dans les années 1950, par le Maire de l’époque, Eugène Boudy. Finalement, la construction du pont ne fut finalisée qu’en 1960 par le Maire de l’époque Léon Eeckhoutte qui opte pour une construction béton à double voie et pile centrale.
Aujourd’hui, plus de 100 ans plus tard notre pont suspendu est toujours là. Il est passé à une voie en 2019 et a été limité en tonnage, suite, entre autres, à la catastrophe de l’effondrement accidentel du pont de Mirepoix.
La Place Saint-Jean
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C’est un projet titanesque que de relier les deux rives du Tarn et ce n’est qu’au XIXème siècle que le premier projet verra le jour : les esquisses d’un projet sont en effet portées en 1828 et, deux ans plus tard, une ordonnance royale donne le feu vert à la construction d’un pont suspendu sur le Tarn.
Ce pont, à péage, sera ouvert à la circulation en 1834 mais le tribut à payer à chaque passage pèse lourd dans le budget des travailleurs. La taxe s’élevait alors à 5 centimes et servait à payer les actionnaires de la société privée qui l’avait financé. À l’époque, le tablier du pont est formé de traverses de bois disjointes et il ondule sous l’effet du vent d’autan ou au passage de véhicules lourds.
En 1870, à la proclamation de la IIIe République, un groupe de jeunes insurgés de Villemur et Bondigoux proteste contre les droits de péage et coupe les câbles. Anecdote ou réalité : l’histoire veut que les haches ayant servi à couper les câbles aient été dissimulées sous les jupons de dames alliées au mouvement. Les Villemuriens devront attendre 1875 pour emprunter le pont gratuitement. Le deuxième pont est reconstruit en 1872, remplacé en 1924 par un pont suspendu métallique plus moderne, avec toujours une pile centrale. C’est ce pont à la courte existence qui sera emporté par la crue de 1930. Durant deux ans, ce sont des allers-retours de bacs qui permettent de passer d’une rive à l’autre. Si vous regardez bien lorsque le niveau du Tarn est bas il est encore possible de voir la pile centrale renversée du pont.
L’actuel pont suspendu fut finalement construit en 1932 : les câbles fixés au sol sont coulés dans une chape de béton. Il fut complété par le deuxième pont de Villemur dont la première idée avait été émise dans les années 1950, par le Maire de l’époque, Eugène Boudy. Finalement, la construction du pont ne fut finalisée qu’en 1960 par le Maire de l’époque Léon Eeckhoutte qui opte pour une construction béton à double voie et pile centrale.
Aujourd’hui, plus de 100 ans plus tard notre pont suspendu est toujours là. Il est passé à une voie en 2019 et a été limité en tonnage, suite, entre autres, à la catastrophe de l’effondrement accidentel du pont de Mirepoix.
Les Greniers du Roy
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En 1596, la vicomté de Villemur est vendue au calviniste François de Bonne, duc de Lesdiguières par le roi Henri IV. C’est lui qui demandera la création d’une splendide demeure, appelée l’oustal, la maison seigneuriale, dont il ne subsiste aujourd’hui que la partie des communs, qui servait au stockage des céréales, que nous appelons aujourd’hui les Greniers du Roy. Construits dans le style Louis XIII entièrement en briques, la façade de style Renaissance présente de belles fenêtres à meneaux. Des contreforts et des voûtes puissantes soutiennent et renforcent l’édifice destiné à stocker le grain.
En 1843 la maison seigneuriale est divisée est vendue en deux lots qui, de propriétaires en propriétaires, seront ensuite rachetés par la Mairie, via une donation du célèbre curé Fieuzet. Ce dernier précisa par acte notarié que la partie donnant sur l’actuelle place Jean-Jaurès soit occupée par l’établissement des frères des écoles chrétiennes, donnant lieu à l’actuelle école Sainte Famille.
Pour les Greniers du Roy, il a d’autres projets et, après d’intenses tractations avec la Mairie de Villemur, il obtient que les Greniers du Roy soient transformés en hospice. L’Hospice Saint-Jacques de Villemur est donc agréé par arrêté préfectoral le 18 novembre 1852 et est géré par les Filles de la Charité, des sœurs de Saint Vincent de Paul qui y accueillent malades, personnes âgées et nécessiteux des deux sexes.
Pendant les heures noires du XXe siècle, l’hospice joue un rôle non négligeable dans la gestion des soldats blessés ou convalescents entre 1914 et 1915, puis en 1940 des civils belges fuyant l’invasion allemande. En 1958 l’hospice est transféré rive gauche, là où se trouve aujourd’hui l’actuel Ehpad Saint-Jacques. Les religieuses continueront leur service jusqu’en 1980 où l’ordre de Saint Vincent de Paul dira adieu à Villemur.
Quant aux Greniers du Roy, ils furent réhabilités, restaurés grâce à la ténacité de Marcel Peyre, adjoint au Maire Léon Eeckhoutte en 1971.
Les Greniers du Roy sont inscrits à l’inventaire des Monuments historiques. L’intérieur, réaménagé, abrite des salles de réception et de spectacles, faisant la part belle à la vie culturelle de la ville.
La Place Jean-Jaurès
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La place Jean-Jaurès fait partie de ces lieux historiques qui ont eu de multiples vies.
En des temps plus anciens, avant d’être une place, c’était tout simplement une rue appelée la rue du Grail. C’est là que se trouvait la maison seigneuriale et, alors que le château fort est lui démoli pierre par pierre en 1635, la maison seigneuriale va être rénovée et deviendra la demeure des vicomtes de Villemur.
En 1835, la commune de Villemur va s’intéresser de près à l’acquisition de la maison dite « le château » avec le projet d’y installer l’hôtel de ville, un prétoire de justice de paix, deux maisons d’école, une prison et une brigade de gendarmerie. Mais le projet ne verra pas le jour.
En revanche, en 1838, le conseil de Fabrique de Villemur, qui a la responsabilité de la construction et de l’entretien des édifices religieux et du mobilier de la paroisse, émet le souhait d’ériger une croix sur une place de la ville, dans le cadre d’une Mission d’un mois, c’est-à-dire une prédication dirigée par des prêtres extérieurs à la paroisse. Cette mission sera conclue en apothéose avec la présence de l’Archevêque de Toulouse de l’époque, lors d’une cérémonie grandiose durant laquelle il bénit la fameuse croix. Elle restera au même endroit pendant 82 ans puis sera déplacée au fond de la place en 1920. Vous pouvez d’ailleurs toujours la voir un peu plus loin. Elle marquera tellement les esprits que, pendant longtemps la place sera appelée localement la Place de la Croix de la Mission.
L’école de la Sainte Famille verra le jour en 1897 dirigée Gabrielle Brusson, l’épouse d’Antoine Brusson, qui en assure la direction avant de la confier aux sœurs de la Sainte-Famille venues d’Amiens et réfugiées de guerre à Villemur. C’est toujours dans ce bâtiment que se trouve aujourd’hui l’école privée Sainte-Famille.
À la place du parc de jeux se trouvait à l’époque une chapelle, désaffectée lors des lois de séparation de l’église, puis utilisée par des associations villemuriennes avant d’être démolie en 1955 à cause de sa vétusté.
La place fut renommée Place Jean Jaurès en 1926 suite à la volonté de la municipalité de renommer certaines rues de la ville pour des raisons utilitaires et patriotiques.
La Place du Souvenir
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Vous êtes ici sur la place du Souvenir, qui eut bien des noms à travers les siècles. D’abord foirail Notre Dame aux alentours du XVIIe siècle, c’est sur son esplanade que se déroulent les traditionnelles foires à bestiaux. Son implantation géographique est idéale pour les échanges commerciaux par voie fluviale. C’est là, à quelques pas derrière vous, que se trouvait d’ailleurs un des poids publics de la ville appelé familièrement « la bascule ».
Au tout début du XXème siècle, de nombreux commerces vivent le long et sur la place : l’atelier de charron de la famille Bousquet, les maréchaux ferrant Théophile Ramel et Léon Ausset des menuisiers, tonneliers ou encore plus près de nous, le magasin de poteries, faïences et vaisselle de Maurice Miramont, héritier d’une longue lignée de marchands de faïence.
Tout en haut de la place du Souvenir, vous trouverez une statue de la Vierge Marie. C’est Jean-Marie Elie Brusson qui propose à la ville de la faire ériger en 1876. Elle est fabriquée en fonte, sur un piédestal de briques rouge avec un soubassement béton, sur le modèle de La Vierge de Rome voulue par le Pape Pie IX en 1854. La statue a été initialement érigée au centre de la place, et en 1930, lors de la grande crue, les eaux du Tarn s’arrêteront à quelques pas de la statue de la Vierge. Cette statue a été déplacée en 2018 lors des travaux d’aménagement de la place.
Au sortir de la Première Guerre Mondiale, la ville fait élever un monument aux enfants de la commune morts pour la France. C’est le sculpteur de renom Gabriel Sentis qui créa l’œuvre que vous pouvez voir sur la place, en mémoire aux 124 villemuriens morts pour la France lors de la Grande Guerre. Il donne d’ailleurs à sa sculpture le visage d’un des combattants villemuriens. Ce monument est inauguré en 1922. Plus tard, les noms des soldats villemuriens tombés en 39-45, Indochine et Algérie seront ajoutés sur le Monument aux morts.
Longtemps appelée promenade Notre-Dame, place de la Vierge ou même encore place du maréchal Pétain entre 1941 et 1944, elle a retrouvé son nom de place du Souvenir et on y célèbre la commémoration des conflits de toutes les guerres.
Le grand escalier
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Vous êtes en haut du grand escalier. Cette pièce d’architecture servait au XIXème siècle notamment de chemin d’accès aux berges pour les lavandières, les porteuses d’eau et les charpentiers de marine. Aujourd’hui, l’escalier originel a été remanié sur les bases de son ancêtre.
N’hésitez pas à continuer un peu votre route jusqu’à la petite placette au bout de la rue Saint-Jean, le square des Pupilles de la Nation. Sur l’un des murs de ce square, vous pourrez apercevoir la marque de la crue de 1766 ainsi que celle de 1930, le niveau de l’eau était monté alors de plus de 18 mètres. Ce square est ainsi nommé en souvenir de toutes les fils et filles des victimes de la guerre de 14-18 déclarés pupilles de la nation. Le 11 novembre 1919, un tilleul argenté avait été planté par le maire Charles Ourgaut sur cette placette. Malheureusement, à l’approche de ses 100 ans, l’arbre vénérable était tombé malade et avait dû être abattu pour des raisons de sécurité.
Un peu plus loin sur votre gauche en remontant, vous flânerez le long du Tarn sur le quai Scipion de Joyeuse. Ce quai a été ainsi nommé pour rappeler que, non loin de là, le chef des ligueurs catholiques, Scipion de Joyeuse, trouva la mort lors de la bataille du 19 octobre 1592, entre catholiques et protestants. Si vous poursuivez votre chemin, vous pourrez remonter la rue de la Bataille, ainsi baptisée car c’est l’un des sites où la bataille s’est déroulée entre les troupes de Joyeuse et celles de la faction royaliste alliées aux troupes protestantes alors aux commandes de la ville. Les troupes de Scipion de Joyeuse tenteront de fuir par un pont de bateaux construit sur le Tarn que l’on peut imaginer en aval de l’actuel pont Boudy. Mais celui-ci ne tiendra pas, entraînant avec lui des centaines d’hommes, dont Joyeuse, qui périt noyé.
On raconte que, pendant longtemps, il fut possible de retrouver de vieilles épées au fond du Tarn, vestiges de cette terrible bataille.
L'église et la rue St Michel
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En entrant dans l’église paroissiale, on ignore souvent qu’il s’agit en réalité du 4e édifice construit sur le même emplacement. La première mention d’une église dédiée à Saint-Michel en ce lieu, date de 1124. En piteux état suite à l’incendie de la ville en 1209, l’église St Michel est reconstruite en briques dans le style gothique toulousain par le maître d’œuvres Jean Maurin en 1382. Très endommagée par les guerres de religion, l’église est démolie et reconstruite au même endroit en 1673. Dès 1834 le curé Fieuzet, démontre la nécessité de démolir cette église réalisée à l’économie, sans intérêt architectural et menaçant la sécurité des fidèles.
Les archives rapportent un véritable élan populaire pour la construction de cette nouvelle église, que ce soit à travers les dons en argent ou la mobilisation des paroissiens qui venaient prêter main forte à la construction du monument sur leur temps libre. L’ancien adjoint au Maire, Marcel Peyre, rapporte même que de nombreuses pièces de monnaies avaient été placées entre les briques par les fidèles en signe de dévotion. En juillet 1859, malgré l’absence de voûte, l’office est à nouveau célébré dans l’église. Le curé Fieuzet eut d’ailleurs la joie de tenir ses derniers offices dans cette construction qu’il avait tant appelée de ses vœux, avant de mourir en août 1859.
En mai 1862, on fait appel à un célèbre peintre toulousain, Bernard Bénézet, auteur des fresques murales des églises toulousaines du Taur et de Saint-Nicolas. N’hésitez pas à entrer à l’intérieur de l’église pour découvrir ses œuvres.
La surface à couvrir, de plusieurs centaines de mètres carrés, demande de créer plusieurs tableaux. Il choisit alors de composer une œuvre autour du triomphe du christianisme : d’abord à l’origine des temps, tout en haut de la coupole, avec Saint-Michel terrassant les anges rebelles, puis avec le triomphe du Christ avec ses armes : douceur et de paix sur la fresque des Béatitudes et persuasion sur celle du sermon sur la montagne.
Sur les compositions latérales, vous retrouverez deux allégories remarquables : à gauche, la chute du paganisme et à droite le triomphe du christianisme avec Saint-Pierre ouvrant les portes des prisons de la terre. L’influence d’Ingres et de Delacroix est perceptible dans ces œuvres. Ingres pour les vêtements aux lignes pures, les plis savamment étudiés, l’ordre et les couleurs, notamment le bleu. Delacroix dans les compositions du combat de Saint Michel avec la hardiesse et la puissance du mouvement, l’attitude tourmentée et furieuse des démons terrassés.
Pour la petite histoire, il faudra signaler que Bénézet avait donné à la plupart de ses personnages le visage de Villemuriens contemporains. Ses œuvres ont été restaurées entre 1981 et 1984 par Régis Vialaret, artiste peintre de Graulhet.
La Place Charles Ourgaut
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Bienvenue sur la place Charles Ourgaut, au cœur du centre historique de Villemur-sur-Tarn. C’est ici que bat le cœur de la ville, lieu de tous les plus grands événements. Jusqu’à son baptême en « place Charles Ourgaut » en 1936, cette place est tout simplement appelée place de la Mairie ou Place de l’Hôtel de Ville.
Jusqu’au milieu du XIXème siècle, elle est occupée par un ensemble de vieilles maisons que l’on appelle le moulon. Cette appellation vient du mot occitan molon qui signifie tas et qui désignait le fait que les maisons étaient serrées les unes contre les autres. Le Moulon fut démoli entre 1848 et 1861.
Au fond à droite de la place donnant sur la rue Saint-Louis se trouvait la prison.
Deux hôtels se faisaient concurrence sur l’esplanade : l’hôtel Duvernet et l’hôtel Lormières au fond de la place. C’est là après 1850 que se trouvait le point de départ des anciennes diligences et que fut créé en 1909 le premier service d’autobus vers Toulouse.
Sur la photo de la plaque, vous pourrez apercevoir l’ancien hôtel de ville : il s’agit de ce bâtiment plus clair situé entre le café Léonard et la halle à droite. Il sera reconstruit en 1935 après l’inondation de 1930. À l’époque, le café Léonard accueille une clientèle bourgeoise en grande majorité et abrite au premier étage une salle dans laquelle se tenaient des séances de cinéma et le bal du dimanche. À l’emplacement de la Halle, se trouve aujourd’hui le café la Renaissance. L’entrée actuelle de la rue Saint-Jean était à l’époque très étroite. Elle sera agrandie lors de la terrible crue du Tarn en 1930. L’épicerie Souriac, visible sur la photo, disparaîtra dans ce processus et une nouvelle halle sera construite, aujourd’hui la médiathèque.
La Place doit son nom à Charles Ourgaut, Maire de la Ville de 1912 à 1936. Particulièrement apprécié des Villemuriens de l’époque, cet ingénieur des Ponts et Chaussées fera beaucoup pour sa commune dans une époque tourmentée entre la Grande Guerre et l’inondation de 1930. Lors de cet épisode, Villemur sera parrainée et soutenue financièrement par la ville de Lyon et son maire, Edouard Herriot, alors grand ami de Charles Ourgaut. La place sera nommée au nom de Charles Ourgaut sur décision du Conseil municipal le 23 février 1936.
En mai 1862, on fait appel à un célèbre peintre toulousain, Bernard Bénézet, auteur des fresques murales des églises toulousaines du Taur et de Saint-Nicolas. N’hésitez pas à entrer à l’intérieur de l’église pour découvrir ses œuvres.
La surface à couvrir, de plusieurs centaines de mètres carrés, demande de créer plusieurs tableaux. Il choisit alors de composer une œuvre autour du triomphe du christianisme : d’abord à l’origine des temps, tout en haut de la coupole, avec Saint-Michel terrassant les anges rebelles, puis avec le triomphe du Christ avec ses armes : douceur et de paix sur la fresque des Béatitudes et persuasion sur celle du sermon sur la montagne.
Sur les compositions latérales, vous retrouverez deux allégories remarquables : à gauche, la chute du paganisme et à droite le triomphe du christianisme avec Saint-Pierre ouvrant les portes des prisons de la terre. L’influence d’Ingres et de Delacroix est perceptible dans ces œuvres. Ingres pour les vêtements aux lignes pures, les plis savamment étudiés, l’ordre et les couleurs, notamment le bleu. Delacroix dans les compositions du combat de Saint Michel avec la hardiesse et la puissance du mouvement, l’attitude tourmentée et furieuse des démons terrassés.
Pour la petite histoire, il faudra signaler que Bénézet avait donné à la plupart de ses personnages le visage de Villemuriens contemporains. Ses œuvres ont été restaurées entre 1981 et 1984 par Régis Vialaret, artiste peintre de Graulhet.
La porte des Stradélis
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Le tout premier cadastre de la ville, qui date de 1583 ne fait pas mention d’une porte des Stradélis, mais bien de la porte Saint Roch. Elle était alors l’une des portes d’entrée de la ville, située entre le château et la porte Notre-Dame. Selon Christian Teysseyre, prêtre du diocèse de Toulouse originaire de Villemur, le nom stradélis viendrait tout simplement du latin strata signifiant petit chemin. D’autres estiment que son nom viendrait du « droit des strades », cette taxe que payaient les marchands étrangers à Villemur qui venaient proposer leurs produits au marché aussi appelée droit d’octroi. La porte des Stradélis aurait en effet été la porte du commerce à Villemur.
En 1631, les fortifications de la ville sont démantelées et le château détruit mais les quatre portes sont, elles, conservées même si elles ne remplissent plus leur fonction militaire. Elles sont alors tout bonnement mises en location par la ville avant d’être démolies, le temps et l’inondation de 1766 ayant fait leur œuvre. Le pilier de brique portant les armes de la ville, est un vestige des anciennes portes en bois aménagées par la suite dans les années qui suivirent. Une représentation moderne des armes de la cité y a récemment été placée, inspirée de celles datant de 1606.
Le blason de Villemur est dit De gueules au mur crénelé d’argent, maçonné de sable, surmonté d’un croissant d’argent également et accompagné de trois étoiles d’or ; au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys aussi d’or.
L’origine de ce blason garde une part de mystère car nous n’avons aucune certitude sur ce qu’il signifie. Il est à peu près certain que la muraille vient du sceau utilisé dès février 1243 qui fait état du serment des consuls de Villemur d’observer la paix conclue entre Louis IX roi de France et Raymond VII, conte de Toulouse. Les fleurs de lys font probablement référence au rachat de Villemur par la couronne de France qui marque Villemur de son empreinte et de ses emblèmes. En revanche, croissant et étoiles demeurent un mystère : contrairement aux comtes de Toulouse, aucun seigneur de Villemur n’a participé aux croisades en Terre Sainte. Certains avancent un symbole de prospérité, un croissant de lune et des étoiles symbolisent également la Vierge Marie, couronnée d’étoiles…
N’hésitez pas à laisser votre imagination combler les lacunes de l’histoire en continuant votre balade avec nous…


























